Le transport ferroviaire de demain : léger, intelligent et rapide

En collaboration avec la Division Mobility de Siemens, les chercheurs de Siemens Corporate Technology ont étudié les impératifs auxquels le trafic ferroviaire devra répondre au cours des 10 à 20 prochaines années sur les marchés indien, russe, chinois, américain et européen.

reseau ferroviaire

S'appuyant sur la méthodologie « Picture of the Future » mise en œuvre par Siemens dans le cadre de sa planification stratégique, l’étude est le fruit des ateliers organisés par l’équipe de projet, réunissant clients, exploitants de réseaux, scientifiques et autres experts. Ces ateliers ont permis d’identifier les technologies-clés de ce secteur et d’imaginer des scénarios détaillés à partir de mégatendances comme l’urbanisation, les mutations démographiques, le besoin de sécurité, la protection de l’environnement ou encore la raréfaction des matières premières. Ils ont ainsi dressé un portrait de ce que sera le transport ferroviaire à l’horizon 2025.

Le nombre de grandes villes et de métropoles va augmenter très rapidement et les infrastructures ferroviaires constitueront un facteur de développement économique important à l’échelle mondiale. On estime que d’ici 2025, le trafic ferroviaire de passagers va enregistrer une hausse de plus de 30 % et celui des marchandises de 65 % au minimum. Les usagers profiteront de temps d'attente plus courts, d'un service de meilleure qualité et de rames plus agréables et plus confortables. Les trains, souvent entièrement automatisés, ne devront plus maintenir une distance définie entre eux mais pourront l’adapter en fonction de leurs vitesses respectives, ce qui amènera d’importantes économies en temps et en énergie.

Les trains de passagers à grande vitesse, capables d’atteindre les 450 km/h, vont raccourcir les distances entre les grandes villes. En outre, des couloirs séparés seront exclusivement dédiés au transport de marchandises. Les capacités de transport seront ainsi améliorées, tout comme le trafic voyageurs, qui ne sera plus ralenti par le fret. En Chine et en Inde par exemple, les wagons porte-conteneurs à deux niveaux pourront rouler sur de nouvelles plateformes. Des wagons de fret sans conducteur pourront circuler sur certaines voies. Le client sélectionne la destination, le wagon s’intègre tout seul au trafic, puis arrive à bon port en toute autonomie.

Naturellement, les besoins ne seront pas les mêmes partout, les priorités étant différentes d’une région à l’autre : le développement des réseaux de transport locaux (Etats-Unis, Europe, Chine, Inde), l'expansion ciblée du trafic voyageurs et marchandises longues distances (Chine, Inde) ou encore la modernisation des systèmes ferroviaires existants (Russie). Dans tous ces domaines néanmoins, la protection de l'environnement restera toujours en ligne de mire. En 2025, les trains seront plus légers et utiliseront moins d’énergie. Les experts placent de grands espoirs dans le système de moteur-moyeu, une technologie combinant roue, moteur et frein dans une même unité, avec un entraînement électrique directement logé dans la roue. Il n’y a donc plus de transmission mécanique ni d’arbre moteur, et donc plus de pertes dans la chaîne cinématique.

Sur les lignes non électrifiées, on peut envisager le recours à des trains alimentés par des piles à combustible, pouvant faire le plein dans des stations à hydrogène disposées tout au long des lignes. Toute l’énergie sera alors produite à bord du train, sans émissions de substances polluantes. Grâce à l’allègement de la structure de la rame et au stockage de l’énergie pour le freinage, les tramways pourront circuler en ville sans caténaire. Par ailleurs, la conception plus légère des trains réduira l’usure des rails et les coûts de maintenance des plateformes de voies.

La mobilité des personnes et des marchandises sera améliorée notamment par la mise en réseau intelligente des moyens de transport et l’intégration de tous les opérateurs du secteur. Grâce à la télématique, aux systèmes de communication standardisés et aux interfaces uniformes, les différents moyens de transport seront harmonisés et les informations sur les infrastructures reliées entre elles, qu’il s’agisse de transport individuel ou ferroviaire, des parcs de stationnement, des gares ou des aéroports. Les usagers et les automobilistes auront accès à une multitude d’informations relatives à leurs trajets. Un seul ticket sera valable pour tous les opérateurs de transport et les usagers pourront emprunter le bus, le train, l’avion ou le métro en toute simplicité pour faire leur trajet « porte à porte ».

Evdoxia Tsakiridou