Les énergies renouvelables : incontournables !

De nombreux pays émergents connaissent actuellement une croissance économique et démographique galopante, contribuant à l’explosion de la demande énergétique, qui pourrait subir, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) une hausse de plus de 50 % d’ici 2030.

En outre, les combustibles fossiles, dont le charbon, demeurent la principale source d’énergie primaire – ils devraient couvrir 84 % de l’augmentation de la consommation. La Chine et l’Inde, qui contribueront pour près de la moitié à cette augmentation, représentent déjà 45 % de la consommation mondiale de charbon, et leur part pourrait dépasser les 80 % d’ici 2030.

Si ces prévisions se concrétisent, les émissions de CO2 pourraient doubler d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 1990. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, 187 pays se sont réunis en décembre 2007 à Bali à l’occasion de la Conférence mondiale sur le climat. Ils ont établi les principales dispositions d’un « nouveau contrat écologique » qui devrait être signé en 2009 lors de la conférence de Copenhague et entrer en vigueur en 2012, à l’échéance du protocole de Kyoto. Ce dernier imposait aux pays industrialisés une diminution moyenne de 5 % des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2012. Le nouveau pacte prévoit, quant à lui, une réduction de 25 à 40 % d’ici 2020. Pour atteindre cet objectif, les signataires devront mettre à la disposition des pays émergents des technologies écologiques et à haut rendement.

Les technologies environnementales ont la cote – la GTZ, agence de coopération technique allemande, a estimé à 71 milliards de dollars les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables en 2006, soit 43 % de plus que l’année précédente, dont 15 milliards de dollars dans des pays émergents ou en voie de développement.

Le marché des énergies renouvelables devrait croître fortement en Chine, en Inde et au Brésil. Toujours selon la GTZ, la Chine produit encore plus de 80 % de son électricité à partir de ressources fossiles, et principalement de houille. Le reste provient de l’énergie hydraulique (15 à 18 %), du nucléaire (1 % environ) et de l’éolien (nettement inférieur à 1 %).

Cependant, le 11e plan quinquennal de la Chine prévoit de faire grimper à 38 % la part du gaz naturel, de l’hydraulique, de l’éolien et du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2010. Alors que les installations hydrauliques permettent, à ce jour, de générer 128 GW par an, elles devront assurer 20 % de la production d’ici 2020, soit 290 GW. Estimé à 676 GW, le potentiel hydroélectrique techniquement exploitable du pays est le plus élevé du monde.

La Chine dispose également d’un potentiel d’énergie éolienne considérable : après avoir dépassé 1 GW de capacité installée fin 2005, elle pourrait produire 30 GW d’ici 2020. Par ailleurs, le photovoltaïque est loin d’être en reste : fin 2006, la capacité a atteint 65 MW, une électricité pour moitié dédiée à l’alimentation des habitations des zones rurales. D’ici 2020, le pays devrait bénéficier d’une capacité supplémentaire de 1,8 GW grâce à des générateurs photovoltaïques. Ainsi, selon Frost & Sullivan, le chiffre d’affaires lié aux énergies renouvelables en Chine devrait s’élever à 17,9 milliards en 2013, contre 6,9 milliards en 2006. À grand renfort de mesures incitatives, Pékin se mobilise pour dynamiser le marché. « Les prévisions de croissance du photovoltaïque sont telles qu’il pourrait dépasser l’éolien en 2013 », commente Linda Yan, analyste de recherche chez Frost & Sullivan.

Les technologies de captage du CO2 – gazéification du charbon, combustion à l’oxygène pur ou encore séparation du CO2 des gaz de combustion – représentent également une réelle opportunité de production d’énergie plus respectueuse de l’environnement. Si de nombreux projets pilotes sont en cours, nous sommes encore loin de la généralisation de ces procédés. Selon les prévisions de 2005 du GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental des Nations Unies sur l’évolution du climat, la part des technologies de captage et de séquestration du CO2 (CCS, CO2 capture and storage) dans la production mondiale d’électricité ne devrait pas excéder 3 % en 2020.

Évalué entre 50 et 100 $ par tonne de CO2 en 2000, le coût des systèmes CCS devrait être divisé par deux en trente ans. L’AIE en déduit que leur part dans la production d’énergie atteindra 20 % en 2030, puis 37 % en 2050. Une telle évolution entraînerait une réduction de 18 Gt des émissions de CO2 liées à la production d’énergie d’ici 2050, contribuant favorablement à la réalisation des objectifs fixés à Bali.

Sylvia Trage