Masdar et Abou Dabi : un désert de contrastes

Abou Dabi prépare l’après-pétrole avec les technologies à haute efficacité énergétique de Siemens. Aux côtés de Masdar Initiative, le groupe participe au développement de solutions pour la ville du futur : une cité « zéro carbone » en plein désert.

Sur le circuit de Formule 1 de Yas Marina, les courses s’achèvent de nuit – grâce à une technologie de pointe fournie par Siemens, qui pourrait également être utilisée à Masdar.

Difficile d’imaginer de plus grands contrastes. Près de 9 % des réserves de pétrole connues sur la planète se trouvent sous le sable d’Abou Dabi, et c’est pourtant à cet endroit que l’on bâtit la première ville au monde neutre en CO2 : Masdar City. A quelques kilomètres de là, sur l’île de Yas, les voitures de course vrombissent sur le circuit de Formule 1 le plus moderne au monde, tandis que l’île de Saadiyat se prépare à devenir un havre de loisirs abritant également des espèces animales rares comme la tortue à écailles.

Abou Dabi, en pleine croissance, doit trouver un équilibre entre ces évolutions apparemment contradictoires. Mais la direction a déjà été clairement donnée : le futur appartient aux énergies renouvelables. Il suffit pour s’en convaincre de voir le projet de Masdar City. En construction à proximité de l’aéroport international, cette ville devrait pouvoir couvrir les besoins de quelque 40 000 résidents et 50 000 travailleurs en recourant à des sources d’énergie renouvelables telles que les technologies solaires photovoltaïque et thermique. Les besoins en énergie seront d’ailleurs relativement modestes, notamment grâce à des systèmes ultramodernes de gestion des bâtiments. Siemens pourrait jouer un rôle essentiel dans la conception de Masdar City, par exemple en contribuant à la création d’un réseau d’électricité intelligent, d’un système de transports et d’infrastructures de production d’électricité.

Masdar City n’est que l’un des projets de Siemens à Abou Dabi. En 2008, le Groupe a par exemple construit un poste de transformation sur l’île de Saadiyat. Situé à proximité de la ville, il est prévu pour approvisionner en électricité l’île entière et couvrir les besoins d’une population maximale de 150 000 personnes, logées dans près de 50 000 appartements particuliers et maisons ou dans les 29 hôtels de l’île.

Sur l’île voisine de Yas, Siemens et son partenaire autrichien PKE Electronics AG ont fourni et installé l’ensemble des équipements électriques et électroniques du circuit de Yas Marina, y compris les systèmes de contrôle et de surveillance nécessaires à la course, les différents systèmes de sécurité et d’accès, ainsi que les installations d’approvisionnement électrique (un réseau moyenne tension de 22 kV comprenant 18 postes de transformation). Ce circuit a permis, pour la première fois dans l’histoire de la Formule 1, de débuter une course à la lumière du jour pour l’achever après la tombée de la nuit. Les drapeaux des commissaires de piste ont donc été remplacés par des panneaux lumineux à LED situés en bordure de piste.

Les activités de Siemens dans l’émirat ne se concentrent pas uniquement sur les infrastructures. Le groupe a investi un total de 75 millions de dollars dans deux fonds Masdar Clean Tech, dont le dernier a été lancé en janvier 2010. Le fonds investit essentiellement dans des entreprises actives dans le domaine des énergies vertes, des ressources naturelles, de l’efficacité des ressources et de l’énergie. « Nous voyons cela comme un investissement stratégique, qui renforce également la position de Siemens comme partenaire technologique de Masdar sur le long terme », explique Joachim Kundt, CEO de Siemens pour la région sud du Golfe.

Masdar mise également sur la technologie Siemens pour un projet situé bien loin des sables de l’Emirat : elle est en effet à la fois investisseur et développeur du projet de parc éolien de London Array, au Royaume-Uni. Siemens Energy a été chargé des équipements de ce parc éolien offshore à l’embouchure de la Tamise (175 éoliennes), ainsi que du raccordement au réseau électrique. Avec une production de 630 mégawatts, London Array sera en 2012 le plus grand parc éolien de son genre.

Les investissements de l’Emirat laissent penser que les contradictions d’aujourd’hui pourraient un jour être considérées rétrospectivement comme des paradoxes tout à fait surmontables. En préparation à l’après-pétrole,Abou Dabi travaille avec ses partenaires pour développer et mettre en application de nouvelles technologies – jusqu’au jour où l’extraction du pétrole coûtera plus cher que l’utilisation d’alternatives comme le solaire et l’éolien.

Qui sait ? Peut-être que d’ici là, les bolides du circuit de Yas Marina ne seront plus propulsés par des moteurs à combustion, et que les courses de vieilles voitures à essence ne seront plus que de rares événements réservés aux passionnés.

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Auteur : Andreas Kleinschmidt