Une approche globale du bâtiment

Relier en un réseau intelligent l’éclairage, l’information, la climatisation et la sécurité permettrait d’économiser 50 % de l’énergie consommée dans les bâtiments.

Une approche globale du bâtiment

Avec les techniques d’éclairage et de gestion de Siemens, le Vancouver Convention Center (à g.) et le siège du groupe de presse allemand Süddeutscher Verlag répondent aux normes d’efficacité les plus strictes

Les bâtiments sont énergivores : la facture énergétique représente environ 40 % des coûts de fonctionnement. Ils sont par ailleurs responsables de 40 % de la consommation mondiale d’énergie primaire et de près de 21 % des émissions de gaz à effet de serre. Les gisements d’économies sont pourtant considérables. « L’éclairage engloutit 19 % de la consommation mondiale d’électricité », explique Peter Dobiasch, spécialiste de l’éclairage professionnel chez Osram, une filiale Siemens. « L’utilisation de systèmes plus efficaces permettrait de réduire d’un tiers la consommation ».

Ce pourcentage pourrait encore être amélioré par une optimisation des interactions entre sources d’énergie et récepteurs. C’est à cette tâche que travaillent conjointement la division Building Technologies de Siemens et Osram. Voici à quoi pourrait ressembler un immeuble de bureaux optimisé : un détecteur de présence reconnaît si la pièce est occupée et un capteur de qualité d’air mesure la teneur en CO2. Si la pièce est vide, l’éclairage et la ventilation sont coupés. Un variateur de lumière couplé à un détecteur de luminosité détermine l’intensité de l’éclairage artificiel éventuellement nécessaire. Des persiennes à lames inclinables en fonction du soleil laissent automatiquement entrer la quantité optimale de lumière. Un capteur de température mesure par ailleurs la chaleur entrante et détermine si une climatisation est nécessaire, ou si une occultation combinée à un éclairage artificiel n’est pas plus économe en énergie. « Des algorithmes intelligents calculent la configuration la plus favorable en termes d’énergie », précise Peter Dobiasch. « Jusqu’à 50 % d’énergie peuvent être économisés dans un bâtiment. Siemens est aujourd’hui la seule entreprise à proposer un système aussi complet de réduction des coûts énergétiques ».

Comme l’explique Peter Dobiasch, Siemens peut même garantir le potentiel d’économies. « Les investissements sont en général rentabilisés dans un délai de deux à cinq ans », précise-t-il. Siemens offre à cet effet des contrats de performance énergétique. Les ingénieurs Siemens et les concepteurs d’éclairage Osram analysent les exigences du bâtiment, puis financent l’installation des nouvelles technologies. Le client n’a rien à débourser au départ, les investissements étant remboursés à l’aide des économies d’énergie réalisées chaque année. A ce jour, Siemens a conclu plus de 1 000 contrats de ce type pour un total d’économies garanties de 2 milliards d’euros et une réduction des émissions de CO2 de plus de 1,4 million de tonnes.

Parmi les projets communs d’Osram et Siemens figure l’installation d’un système de gestion technique intégré dans le cadre d’une extension de 100 000 m² du Vancouver Convention Center, au Canada. Le bâtiment a reçu le niveau Gold de la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Ce système d’évaluation américain attribue des points en fonction de critères comme la consommation d’énergie, l’éco-conception, la réduction des déchets et les faibles émissions de CO2. Le Vancouver Convention Center dispose d’un toit végétalisé de 2,5 ha qui contribuera dès cette année à rendre le bâtiment totalement carboneutre.

Début 2010, le siège du groupe de presse munichois Süddeutscher Verlag, qui emploie 1 850 personnes, s’est également vu décerner la certification Gold LEED. C’est le premier bâtiment de bureaux à recevoir une telle distinction en Allemagne. Les exigences du client, particulièrement sévères, incluaient non seulement une haute efficacité énergétique et un environnement de travail optimal, mais aussi une flexibilité maximale pour l’hébergement éventuel de différents utilisateurs et locataires. La solution : un système d’automatisation innovant de Siemens et une régulation individuelle des pièces commandée par des détecteurs de présence, chargés de couper ou d’abaisser l’intensité de l’éclairage. Un système électronique assure en outre une coordination optimale entre la pompe à chaleur géothermique, les consommateurs de courant, les rayons de soleil incidents et la ventilation, afin de maintenir une température idéale dans le bâtiment sans avoir recours au chauffage urbain.

« Osram et Siemens ont bien d’autres idées en réserve pour les bâtiments du futur »,confie Tobias Huber, chef du développement commercial de l’éclairage chez Siemens. Voici, par exemple, un scénario possible en cas d’incendie dans un hôtel : des détecteurs de présence identifient les chambres occupées et la lumière est aussitôt allumée afin de réveiller les occupants. Les persiennes sont automatiquement relevées pour ne pas bloquer l’accès aux fenêtres. Dans le même temps, l’éclairage bascule sur une alimentation de secours et illumine les chemins vers les issues de secours, tandis que les détecteurs de présence aident les sauveteurs à localiser les personnes blessées.

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Auteur : Bernhard Gerl