Oslo : écologie urbaine

D’après une étude menée pour « l’Indice des villes vertes en Europe », Oslo compte parmi les villes européennes les plus vertes. Son approche durable est soutenue par de nombreuses technologies éco-compatibles, dont quelques-unes sont signées Siemens, telles que le métro et l’éclairage éco-efficace de l’Opéra de la ville.

Oslo n’émet que 2 tonnes de CO2 par habitant, notamment grâce au recours à des centrales hydro-électriques. Autres exemples marquants d’éco-compatibilité : le lustre à LED du nouvel Opéra et le nouveau métro (voir ci-dessous).

Chaque jour, Tor Hasselknippe, responsable technique de la société des transports en commun d’Oslo, inspecte les wagons Siemens qui remplacent progressivement, depuis 2006, les rames trentenaires de la capitale norvégienne. Dans un grand hangar du centre de maintenance, les voitures sont hissées sur des plateformes ferrées pour que les techniciens puissent travailler sur leur structure inférieure et y mettre la touche finale avant de les intégrer au réseau urbain de 84 km. « Voici l’un des moteurs électriques », précise Tor Hasselknippe en désignant un grand bloc rectangulaire sous une rame. « La transmission complète d’un wagon délivre une puissance de 1680 kW et affiche un rendement énergétique exceptionnel. Lorsque le conducteur freine, le moteur passe en mode générateur et transmet l’électricité qu’il produit au réseau ».

Tor Hasselknippe frappe alors sur la paroi extérieure d’une voiture : « La coque est composée d’aluminium, ce qui rend la rame extrêmement légère ». Les nouveaux trains consomment ainsi 30 % d’énergie en moins que leurs prédécesseurs. « Mais ce n’est pas tout », poursuit Tor Hasselknippe en grimpant dans un wagon de passagers et en caressant les housses des sièges. « Les tissus utilisés répondent à toutes les exigences en matière de protection incendie et sont recyclables, à l’instar de 95 % des composants des voitures. Notre métro compte ainsi parmi les systèmes les plus durables au monde ».


Chauffage sur demande

Avec son nouveau métro, il n’est pas toujours simple pour Oslo d’allier durabilité et efficacité opérationnelle. En effet, près de 80 % de ses lignes sont aériennes, ce qui nuit à son bilan énergétique, notamment en hiver. « Environ 20 % de l’énergie requise relève du seul système de chauffage. C’est un aspect sur lequel nous devons encore travailler », ajoute Tor Hasselknippe. À Vienne, en Autriche, les ingénieurs de Siemens Mobility étudient des solutions de réduction de la consommation énergétique des systèmes de chauffage et de climatisation. « Nous avons développé un dispositif qui régule la température en temps réel en fonction des besoins », explique le chef de projet Walter Struckl. « Ce système est relié à un capteur de dioxyde de carbone qui détermine le nombre de passagers présents en mesurant l’augmentation de la teneur en CO2 qui va de pair avec l’affluence dans une rame ». Selon Walter Struckl, si les conditions l’exigent, ce dispositif est capable de chauffer l’air extérieur. Les systèmes traditionnels, eux, diffusent une chaleur continue, que le wagon soit bondé ou vide. « Notre technologie pourrait générer des économies d’énergie de l’ordre de 30 % », précise-t-il. Oslo a depuis longtemps placé la durabilité et le rendement énergétique en tête de ses priorités. En 2002, cette ville de 550 000 habitants a lancé un ambitieux programme d’écologie urbaine afin de limiter ses émissions polluantes et d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens. Le plan associé prévoit notamment, d’ici 2030, une réduction de 50 % des niveaux d’émission de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Et ce programme porte déjà ses fruits. Dans l’étude réalisée pour « l’European Green City Index » (Indice des villes vertes en Europe) sur la durabilité de 30 villes européennes, la capitale norvégienne s’est classée troisième derrière Stockholm et Copenhague. Elle figure même en tête pour les émissions de CO2 avec une production d’à peine plus de deux tonnes de gaz à effet de serre par habitant, et ce, en raison des imposantes centrales hydroélectriques du pays qui couvrent près de 60 % de ses besoins en électricité.

Programme d’écologie urbaine à échéance 2014

Mais loin de s’arrêter là, le programme d’écologie urbaine, qui court jusqu’en 2014, s’attache également à l’extension du réseau de transport public local. Des études ont en effet montré que la circulation routière contribuait à la majeure partie des émissions de CO2 d’Oslo. Malgré l’accès payant au centre-ville, quelque 360 000 véhicules continuent de traverser la capitale chaque jour. Le conseil municipal pense qu’en améliorant le réseau de bus et de métro, il parviendra à convaincre davantage d’habitants des quartiers périphériques d’abandonner leur voiture. Et le nouveau métro semble lui donner raison. « Des enquêtes indiquent que les usagers sont extrêmement satisfaits », souligne Tor Hasselknippe. « Depuis la mise en place des nouvelles rames, la fréquentation a progressé d’environ 10 %, passant à 73 millions en 2008 ». Selon lui, cette tendance va s’accentuer à l’avenir, en particulier avec le doublement de la fréquence des trains. « Depuis 1 an, le métro passe toutes les 7 minutes et circule 20 heures par jour ; les gens n’ont plus besoin de conduire ».

Parmi les initiatives écologiques d’Oslo figure également son Opéra, construit sur le port, à quelques minutes de la station de métro Jernbanetorget. Inauguré en 2008, cet imposant bâtiment ressemblant à un iceberg de béton est l’un des opéras les plus éco-efficaces au monde, un exploit dû notamment à un concept d’éclairage innovant s’appuyant sur des diodes électroluminescentes (LED). « Entièrement équipée de LED, la salle de concert est unique en son genre », insiste Cato Johannessen, chef de projet pour Osram Norvège.

Cato Johannessen est particulièrement fier du lustre de 8 tonnes accroché à 16 m audessus des spectateurs : « Ce lustre possède 8100 LED. Nous utilisons également des variateurs spéciaux pour adapter chaque module LED aux différentes exigences d’éclairage ». Les petites LED affichent un rendement de 45 lumens par watt, contre à peine 12 pour les ampoules à incandescence classiques. À une luminosité maximale, les 8100 LED ne consomment que 14 kW, et elles sont aussi puissantes que résistantes, affirme Cato Johannessen. « En moyenne, une LED sur un million seulement n’atteint pas les six ans de durée de vie. Pour l’instant, nous n’en avons pas remplacé une seule ».

De l’avis de Cato Johannessen, Oslo va intensifier à l’avenir son recours aux solutions d’éclairage à haut rendement énergétique. Compactes et souples, les LED présentent un fort potentiel en termes de protection du climat, et pas uniquement dans de somptueux édifices tels que le nouvel Opéra. « Les éclairages  publics peuvent eux aussi être éco-compatibles, comme le démontrent les premiers programmes qui ont déjà été initiés », conclut-il.

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Auteur : Florian Martini